Une boîte de cigare ou un bidon d’huile, un manche, une ou
trois cordes : c’est tout ce qui suffit à Marcellus pour donner
naissance à une guitare incroyable…
Marcellus a débarqué dans le coin de sa lointaine Nouvelle-Calédonie
en 1990 pour son service militaire, il n’en est jamais reparti. Un bac
technique d’œnologie et un poste à la verrerie Apollo (anciennement
Saint-Gobain) plus loin, le géant kanak l’assure : il est à Cognac comme
un poisson dans l’eau.
Si la musique et une passion pour le blues l’ont toujours accompagné au point d’être de toutes les éditions du Cognac Blues Passionsdepuis
la toute première en 1994, c’est aussi grâce au festival qu’il va
découvrir ce qui va devenir plus qu’une passion, une véritable
obsession : des boîtes de cigares transformées en guitares !
L’interview de Marcellus CGB
C’est en effet en découvrant sur scène Richard Johnston, un musicien de Memphis qui ne jure que par le hill country blues depuis
qu’il est tombé sur des enregistrements de Robert Johnson alors qu’il
suivait des études universitaires en Californie, et l’étrange instrument
qui lui sert d’unique accompagnement, que celui qui se fait appeler
désormais Marcellus CBG – CBG pour Cigar Box Guitar – va voir son quotidien changer du tout au tout. “J’ai commencé à fabriquer mes propres modèles dès l’année suivante et je ne me suis jamais arrêté depuis,confie notre homme en contemplant quelques-uns des exemplaires uniques avec lesquels il a débarqué. J’ai dû en fabriquer en tout pas loin de 500”.
“La Cigar Box, c’est un échange. J’en ai plus donné à des gamins que j’en ai vendu…”
Et si les choses se sont rapidement accélérées pour lui, c’est
notamment parce que le festival lui a proposé de monter un stand
d’exposition en 2010. Puis en 2011. Et en 2012. Les musiciens qui font
le détour sont subjugués. Marcellus n’est d’ailleurs pas peu fier de
lâcher que Big Daddy Wilson ne connaissait rien de la
Cigar Box avant d’en adopter une grâce à lui, le modèle à une seule
corde qu’il n’hésite pas à ressortir sur ses concerts aujourd’hui. “C’est devenu une maladie, sourit-il. Tout mon temps
libre y passe ! Quand tu fabriques une Cigar Box, tu te dis qu’elle sera
pareil à la précédente, qu’elle sonnera de la même façon. C’est tout le
contraire et la surprise est permanente ! C’est aussi pour ça que
l’envie d’en fabriquer ne s’arrête jamais…” Un cercle vicieux en quelque sorte dont notre homme s’accommode fort bien.
Pour parvenir à ses fins, Marcellus Wallace Marcus
de son vrai nom s’est intronisé roi de la récup’. C’est même l’une de
ses motivations avouées : recycler, donner une nouvelle vie à des
objets. Et quand il n’entasse pas dans son grenier qui n’en peut plus
toutes les boîtes que l’on peut lui ramener du monde entier, il fait les
poubelles, Marcellus !! Bobines, boulons, caisses de vin, rien ne lui
échappe…
Si, comme il l’assure, la fabrication d’un modèle lui prend rarement plus d’une journée (“le plus long, c’est le temps de séchage”),
qu’on ne compte pas sur pour en faire un faire un commerce intensif.
S’il ne crache pas sur une commande, l’essentiel est ailleurs : « La Cigar Box, c’est un échange. J’en ai plus donné à des gamins que j’en ai vendu…” Xavier Bonnet EN SAVOIR PLUS > Le blog de Marcellus CBG